Le cinquième métatarsien est l’os situé sur le bord externe du pied, relié au petit orteil. C’est une zone très exposée aux fractures, surtout après une entorse de cheville, un faux appui, une réception de saut ou des efforts répétés chez les sportifs.
Si tu es dans cette situation, l’enjeu principal est de savoir de quel type de fracture il s’agit, car le traitement et le délai de guérison peuvent être très différents. Une fracture par avulsion, une fracture de Jones ou une fracture de stress ne se gèrent pas de la même façon.
L’essentiel a retenir : La fracture du cinquième métatarsien est fréquente sur le bord externe du pied, mais son type change tout pour le traitement.
- Une fracture par avulsion survient souvent après une entorse de cheville.
- La fracture de Jones guérit plus lentement car la zone est moins vascularisée.
- La fracture de stress apparaît progressivement, surtout chez les sportifs.
- La douleur sur le côté externe du pied, le gonflement et l’impossibilité d’appuyer doivent faire consulter.
- La radiographie est l’examen de première intention, mais elle peut être normale au début.
- Le traitement va du repos avec immobilisation à la chirurgie selon le type de fracture et le niveau d’activité.
- La reprise du sport doit être progressive pour éviter la pseudarthrose ou la récidive.
Types de fractures du cinquième métatarsien
On distingue plusieurs fractures du cinquième métatarsien, et c’est là que se joue l’essentiel. Dans la pratique, le bon diagnostic permet d’éviter deux erreurs fréquentes : banaliser une fracture qui nécessite une immobilisation stricte, ou au contraire sur-traiter une lésion qui pourrait guérir simplement avec du repos.
- Fracture par avulsion : un petit fragment osseux est arraché par un tendon ou un ligament. Elle survient souvent après une entorse de cheville, quand le pied part en inversion. Chez l’enfant, elle peut être confondue avec une simple entorse et donc sous-estimée.
- Fracture de Jones : elle touche la base du cinquième métatarsien, dans une zone moins bien irriguée. Concrètement, cela signifie une consolidation plus lente et un risque plus élevé de retard de guérison ou de pseudarthrose.
- Fracture de stress : aussi appelée fracture de fatigue, elle apparaît après des microtraumatismes répétés. Elle concerne souvent les jeunes sportifs, surtout au début d’une saison ou après une hausse brutale de l’entraînement.
D’autres fractures peuvent aussi toucher ce métatarsien, notamment les fractures centrales, ainsi que les atteintes de la tête ou du col. Mais dans la majorité des cas, ce sont surtout les fractures proximales qui posent le plus de questions diagnostiques et thérapeutiques.
Causes de la fracture du cinquième métatarsien
La cause la plus classique, c’est l’entorse de cheville avec le pied qui part vers l’intérieur. C’est un mécanisme très courant sur le terrain, en particulier lors d’un changement de direction, d’un faux pas ou d’une réception mal contrôlée.
Mais ce n’est pas la seule situation. Une fracture du cinquième métatarsien peut aussi survenir après une chute, un choc direct sur le bord externe du pied ou un saut mal réceptionné, surtout sur sol irrégulier. Chez les sportifs, le risque augmente dans les disciplines avec accélérations, pivots et sauts : football, rugby, basket-ball, danse, trail ou sports de salle.
En pratique, si tu as augmenté ton volume d’entraînement récemment, ou si tu as repris trop vite après une période d’arrêt, le risque de fracture de stress est nettement plus élevé.
Symptômes de la fracture du cinquième métatarsien
Le symptôme le plus parlant est une douleur sur le bord externe du pied, souvent localisée à la base du cinquième métatarsien. Cette douleur peut être brutale après un traumatisme, ou plus progressive dans le cas d’une fracture de fatigue.
Tu peux aussi retrouver un gonflement, un hématome, une raideur du pied et une difficulté à marcher. Dans certains cas, poser le pied au sol devient franchement douloureux, voire impossible. Le mouvement est parfois limité, surtout quand l’appui déclenche une douleur vive.
Ce qu’il faut retenir, c’est que si la douleur persiste au-delà de quelques jours, s’aggrave à l’appui, ou revient à chaque tentative de reprise, il ne faut pas attendre. Une fracture de stress peut passer inaperçue au début, alors que plus elle est prise tôt, plus la récupération est simple.
Diagnostic de la fracture du cinquième métatarsien
Le diagnostic repose d’abord sur l’histoire de la blessure. C’est souvent ce qui permet de faire la différence entre une fracture aiguë et une fracture de stress. Si la douleur était déjà présente depuis plusieurs jours ou plusieurs semaines avant l’accident, on pense davantage à une fracture de fatigue.
Dans les faits, l’examen clinique et l’interrogatoire sont essentiels, car la radiographie ne suffit pas toujours à tout trancher immédiatement. Certaines fractures, notamment les fractures de Jones ou de stress débutantes, peuvent être peu visibles au départ.
Le point important, c’est que le médecin doit classer correctement la fracture, car le traitement et le pronostic changent vraiment selon le type de lésion.
Examens diagnostiques pour la fracture du cinquième métatarsien
La radiographie est l’examen de première intention. Elle permet de visualiser une fracture aiguë, un trait osseux, un déplacement ou une rupture corticale. Selon l’angle de prise de vue, certaines fractures sont plus faciles à voir que d’autres, d’où l’intérêt de clichés complémentaires si la douleur est très évocatrice.
Radiographie
Dans le cas d’une fracture traumatique, la radiographie montre souvent une ligne sombre ou un trait de fracture. Une fracture peut être transversale, oblique ou comminutive. Les fractures longitudinales, elles, sont beaucoup plus rares.
Pour les fractures de stress, le problème est différent : au début, les radios peuvent être normales. Les signes apparaissent parfois seulement après 7 à 10 jours. C’est pourquoi une radio normale n’exclut pas toujours une fracture de fatigue si les symptômes sont très compatibles.
Autre point important : les lésions des tissus mous, des ligaments ou de la fascia plantaire ne sont pas visibles sur une radiographie standard.
Scanner
Le scanner n’est pas systématique, mais il peut aider si la fracture est difficile à préciser, si le trait est complexe ou si l’on veut mieux analyser l’alignement osseux. En pratique, il est surtout utile quand la radiographie ne suffit pas à répondre clairement à la question clinique.
IRM
L’IRM est très utile pour les fractures de stress précoces, car elle détecte les signes avant la radiographie. Elle est aussi intéressante si le médecin veut évaluer les tissus mous, la capsule articulaire, la fascia plantaire ou des lésions associées.
Dans la majorité des cas, elle n’est pas nécessaire d’emblée si la radiographie et le contexte clinique sont déjà parlants. Mais si la douleur persiste malgré des radios rassurantes, c’est souvent l’examen qui permet de lever le doute.
Traitement
Le traitement dépend surtout du type de fracture, de son déplacement, de ton niveau d’activité et de la qualité de vascularisation de la zone. Comme l’apport sanguin est faible dans cette région, certaines fractures consolident lentement, ce qui explique pourquoi il faut parfois être très strict dès le départ.
Dans les faits, deux grandes stratégies existent : le traitement conservateur et le traitement chirurgical. Le choix n’est pas seulement “médical” : il dépend aussi de ton objectif de reprise, de ton sport, de ton âge et du risque de non-consolidation.
Classification des fractures proximales
- Type I : fracture à la jonction extra-articulaire et intra-articulaire de la protubérance du cinquième métatarsien.
- Type II : fracture au niveau proximal, près de la cheville.
- Type III : fracture plus distale, avec atteinte diaphysaire.
- Type IV : fracture de la diaphyse, au niveau de la partie centrale de l’os.
Cette classification est importante parce qu’elle guide la prise en charge. Plus la fracture est située dans une zone à faible vascularisation, plus le risque de consolidation lente augmente.
Traitement conservateur
Pour les fractures de type I, le traitement repose souvent sur le repos, l’absence d’appui, une botte de marche, une attelle ou un plâtre pendant environ 6 à 8 semaines. La reprise de l’appui se fait ensuite progressivement, selon la douleur et le contrôle médical.
Pour les fractures de type II, l’immobilisation sans charge peut aussi être proposée, mais la consolidation prend souvent plus de temps. Le bandage seul n’est généralement pas suffisant. Si tu es sportif de haut niveau ou si tu veux reprendre vite, cette option doit être discutée avec prudence.
Traitement chirurgical
La chirurgie est souvent proposée pour les fractures de type III, pour certaines fractures de Jones chez les sportifs, ou lorsque le risque de non-consolidation est élevé. Elle consiste le plus souvent en une fixation par vis intramédullaire, parfois associée à une greffe osseuse selon le contexte.
Concrètement, l’intérêt de la chirurgie est de stabiliser l’os, de favoriser la formation du cal osseux et de réduire le délai avant reprise fonctionnelle. C’est particulièrement utile chez les athlètes qui ne peuvent pas se permettre une immobilisation prolongée.
Il faut toutefois garder en tête que la chirurgie n’est pas anodine : douleur résiduelle, irritation liée à la vis, nécessité parfois de la retirer, ou retard de consolidation peuvent survenir. C’est pourquoi la décision doit être individualisée.
Traitement de la fracture de stress
La fracture de stress du cinquième métatarsien se traite souvent comme une fracture aiguë proximale, avec une immobilisation stricte et parfois une absence d’appui prolongée. Dans certains cas, cela peut aller jusqu’à plusieurs semaines, voire davantage si la consolidation est lente.
Chez certains patients, si la fracture est peu déplacée et la douleur modérée, le traitement peut rester non chirurgical. Mais il faut alors accepter un temps de guérison plus long et un suivi sérieux, car reprendre trop tôt est une erreur fréquente.
La chirurgie suit les mêmes principes que pour une fracture de Jones aiguë : incision latérale, mise en place d’une vis adaptée, puis protection du pied avec reprise progressive de l’appui. Les études montrent souvent qu’une vis longue et suffisamment large améliore la stabilité, avec un diamètre minimal fréquemment recherché autour de 4 mm.
Après l’intervention, la reprise de l’appui se fait par étapes. Dans la pratique, certains patients reprennent le sport vers trois mois, mais ce délai dépend du type de fracture, de la qualité osseuse, de la cicatrisation et des consignes du chirurgien orthopédiste.
Temps de récupération
Le temps de récupération varie beaucoup selon le type de fracture et le traitement choisi. Une fracture de stress peut guérir sans séquelles, mais la consolidation peut prendre plusieurs mois si l’os a été très sollicité ou si l’appui a été repris trop tôt.
Ce que cela change pour toi, c’est qu’il ne faut pas raisonner uniquement en fonction de la douleur du moment. Une douleur qui diminue ne veut pas forcément dire que l’os est consolidé. La reprise doit être progressive, surtout pour la course, les sauts et les sports avec changements d’appui.
Dans certains cas, le pied peut rester gonflé pendant plusieurs semaines, voire quelques mois. La kinésithérapie peut alors aider à récupérer la mobilité, la force et la confiance à l’appui.
Prévention
Prévenir une fracture du cinquième métatarsien, surtout une fracture de stress, repose sur des mesures simples mais très efficaces dans la pratique :
- augmente l’intensité et la durée de l’entraînement progressivement ;
- prévois des temps de récupération suffisants entre les séances ;
- change rapidement les chaussures usées ou inadaptées ;
- reste attentif aux douleurs d’alerte sur le bord externe du pied ;
- ne reprends pas le sport trop vite après une entorse de cheville.
L’erreur la plus fréquente, c’est de minimiser une douleur “supportable” et de continuer à courir ou sauter. Sur le terrain, c’est souvent ce qui transforme une simple alerte en vraie fracture de fatigue.
Erreurs fréquentes à éviter
Il y a quelques pièges classiques que l’on observe souvent. Le premier, c’est de confondre une fracture de Jones avec une simple entorse. Le second, c’est de reprendre l’appui dès que la douleur baisse, alors que la consolidation n’est pas terminée.
Autre erreur courante : se fier uniquement à une radiographie initiale normale. Si la douleur est typique, il faut parfois recontrôler ou compléter par un autre examen. Enfin, chez les sportifs, vouloir accélérer la reprise sans validation médicale expose à la récidive et à la pseudarthrose.
Quand consulter rapidement ?
Tu dois consulter sans tarder si tu ne peux pas poser le pied, si la douleur est intense sur le bord externe du pied, si le gonflement est important, ou si la douleur persiste plusieurs jours après un traumatisme. C’est encore plus vrai si tu es sportif, si tu as déjà eu une fracture du pied ou si la douleur est apparue progressivement sans vrai choc.
Dans la pratique, plus le diagnostic est posé tôt, plus on limite les complications et les délais de récupération.
FAQ
Quels sont les types de fractures les plus fréquentes du cinquième métatarsien ?
Les fractures les plus fréquentes sont les fractures par avulsion, les fractures de Jones et les fractures de stress. Elles n’ont pas le même mécanisme ni le même délai de guérison. C’est pour cela qu’il faut bien les distinguer dès le départ.
Pourquoi la fracture de Jones guérit-elle plus lentement ?
Elle guérit plus lentement parce qu’elle se situe dans une zone moins bien vascularisée. Concrètement, l’os reçoit moins de sang, donc la consolidation est plus fragile et plus lente. Cela augmente aussi le risque de retard de consolidation.
Quels sont les symptômes de la fracture du cinquième métatarsien ?
Les symptômes principaux sont une douleur sur le bord externe du pied, un gonflement et parfois un hématome. Tu peux aussi avoir du mal à poser le pied au sol. Le mouvement du pied peut devenir limité.
Comment savoir s’il s’agit d’une fracture de stress ou d’une fracture de Jones aiguë ?
Le contexte clinique aide beaucoup à faire la différence. Si la douleur était déjà présente depuis plusieurs jours ou semaines, on pense davantage à une fracture de stress. La radiographie peut ne pas suffire à elle seule, surtout au début.
La radiographie suffit-elle toujours pour diagnostiquer une fracture du cinquième métatarsien ?
Non, pas toujours. Une fracture de Jones ou une fracture de stress peut être peu visible au début. Si la douleur est très évocatrice, d’autres examens comme le scanner ou l’IRM peuvent être nécessaires.
Combien de temps faut-il pour guérir d’une fracture du cinquième métatarsien ?
Le délai dépend du type de fracture et du traitement choisi. Certaines fractures consolident en quelques semaines, tandis que d’autres peuvent demander plusieurs mois. La reprise du sport doit toujours être progressive.
Peut-on marcher avec une fracture du cinquième métatarsien ?
Parfois oui, mais cela dépend du type de fracture et de la douleur. Dans beaucoup de cas, l’appui doit être limité ou interdit au début. Marcher trop tôt peut retarder la consolidation.
Quand la chirurgie est-elle nécessaire ?
La chirurgie est surtout envisagée pour certaines fractures de Jones, les fractures de type III ou chez les sportifs qui veulent réduire le délai de reprise. Elle peut aussi être proposée si le risque de non-consolidation est important. La décision se prend au cas par cas avec l’orthopédiste.


Marie Laurent est une experte reconnue avec plus de 10 ans d’expérience dans le domaine médical. Passionnée par la prévention et le bien-être, elle se consacre à fournir des informations fiables et des conseils pratiques pour améliorer la santé. Marie est également une auteure prolifique, ayant publié plusieurs articles sur des sujets tels que la gestion du stress, la nutrition et les dernières avancées en santé publique. Sa vision humaniste guide son travail au quotidien.